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Gwageo :
Prononciation : gwa-gŭ (과거)

Système d’examens royaux mis en place sous la dynastie Joseon (1392–1910) pour sélectionner les fonctionnaires. Inspiré du modèle chinois des examens impériaux, il reposait sur la maîtrise des classiques confucéens, la rédaction d’essais moraux et la démonstration d’une "rectitude" personnelle.
Fonctionnement :

3 niveaux : local (jikgwa), provincial (hyanggwa), et national (daegwa).

Épreuves : Récitation de textes confucéens, composition d’essais sur la gouvernance, et questions sur l’éthique.

Taux de réussite : ~5–10 % (seulement 10–15 % des lauréats issus de familles non-aristocratiques, selon les Annales de Joseon).
Enjeux sociétaux :

Mobilité sociale limitée : Permettait théoriquement à des talents issus de milieux modestes (ex : Seo Geo-jeong, 1420–1488) d’accéder au pouvoir, mais 85 % des hauts fonctionnaires étaient des yangban (noblesse lettrée).

Légitimation du pouvoir : Un système où le mérite académique justifiait la hiérarchie sociale, évitant les révoltes en offrant une voie d’ascension contrôlée.

Corruption : Des scandales de fuite des sujets (munje yulgu) sont attestés dès 1623 (Annales d’Injo).

Héritage moderne: Précurseur du suneung : La logique méritocratique et la pression sociale perdurent, mais appliquées à l’économie capitaliste (accès aux chaebols et à la fonction publique).
Culture de l’examen : Aujourd’hui encore, 68 % des hauts fonctionnaires sont diplômés des universités SKY (Korea Institute of Public Administration, 2023), perpétuant un système où l’éducation reste le principal levier de mobilité.

À comparer avec :

Concours administratifs français : Moins déterminants pour le statut social.
Examen impérial chinois : Modèle d’inspiration, mais avec une mobilité sociale légèrement plus ouverte.

« Les gwageo n’étaient pas un simple concours. Ils étaient le cœur d’un État où le savoir légitimait le pouvoir. », Lee Ki-baik, historien (A New History of Korea, 1984).